Mme Klein

Trio nocturne.

À Londres, en 1934, un jour, une nuit, Mélanie Klein vient d’apprendre la mort de son fils Hans à Vienne. Sa fille Melitta lui soutient que c’est un suicide ; Paula, une amie, témoin involontaire du conflit de la mère et de la fille, soutient qu’il s’agit d’une mort accidentelle.

Mme Klein tente de surmonter le profonde dépressions et l’immense culpabilité qui la gagnent et la rendent un instant vulnérable.

Une veillée funèbre improvisée réunit la mère et les deux jeunes femmes, et plus la nuit avance, plus se dévoile la violence sans merci qui oppose la mère et la fille. Dans cet appartement cossu des années trente apparaissent bientôt les figures archaïques de Médée et d’Électre ; mais, surtout, la complicité funeste et jubilatoire qui rassemble ces trois femmes fait penser à trois Parques qui tisseraient aveuglément les linceul des hommes.

À la fin de la pièce, un sacrifice est opéré : celui de la fille mauvaise Melitta. Le mère coupable surgit de la nuit, inentamée, et se remet au travail. Paula a pris la place de Melitta. C’est à ce prix qu’une sorte d’apaisement peut avoir lieu, et qu’après les ombres agitées de la nuit propice au théâtre, l’analyse peut commencer ; le théâtre s’arrête.

Avec une distance toute britannique, qui n’exclut pas le rire au cœur des affrontements douloureux, au moyen de phrases courtes et peu explicatives, qui font songer à Pinter, Nicholas Wright cerne et compose, à la façon d’une sonate en trois mouvements, le trio féminin dominé par la voix terrorisante de la mère. Peu importe que l’on connaisse mal en France la vie de Mélanie Klein ; le travail de fiction de l’auteur, à partir des événements vrais, porte suffisamment les personnages et la situation pour que le spectateur suive avec le plus grand intérêt les épisodes variés de cette grande nuit résolutive.

Mise en scène de Brigitte Jaques

assistant : Laurent Lévy

Décors et costumes d’Olivier Peduzzi 

Accessoires de Claire Seguin

Musique de Marc-Olivier Dupin

Lumières de Martine Staerk

Maquillages et coiffures de Suzanne Pisteur

Réalisation des costumes Mine Barral-Vergès 

 Avec

Mme Klein : Michelle Marquais

Melitta : Dominique Sanda

Paula : Dominique Reymond

du
9 Mars 1993
au
18 Avril 1993
au théâtre de la Commune/Pandora
du
27 Avril 1993
au
1er Mai 1993
à la Comédie de Genève