La COMPAGNIE PANDORA

Pandora : « On l’appelle Pandora, écrit Brigitte Jaques-Wajeman, parce que c’est une femme qui la fonde, et que le théâtre lui semble cette boîte qui, lorsqu’elle en soulève le couvercle, révèle aux yeux de tous les maux et les vices les plus cachés. » « Cette légende est contée par le poète grec Hésiode, ajoute François Regnault, qui rappelle qu’au fond de la boîte en question, une chose demeure : l’Espoir ! »

1974 :  Brigitte Jaques-Wajeman, décide de mettre en scène L’Éveil du Printemps de Wedekind, qu’elle a découverte. Elle demande à François Regnault de retraduire la pièce. La pièce est représentée le 25 octobre 1974 au Théâtre Récamier, dans le cadre du Festival d’Automne, fondé et dirigé par Michel Guy. Un couloir débouchant sur un espace circulaire traversé par une passerelle. « La scène même du fantasme » ! Les adolescents jouent aussi le rôle de leurs parents : Philippe Clévenot, Jany Gastaldi, Jean-Baptiste Malartre, Brigitte elle-même (qui joue « L’Homme masqué »).

Brigitte Jaques-Wajeman et François Regnault fondent en 1976 la Compagnie Pandora, et travaillent ensemble de façon ininterrompue depuis lors. Un point de vue les anime, commun à quelques autres dans l’histoire du théâtre, mais suivi de façon singulière et déclarée : présenter des œuvres théâtrales de sorte que celles qui sont supposées classiques et celles qui sont modernes s’éclairent les unes les autres, en toute liberté. Un modèle orgueilleux : Pablo Picasso revisitant les musées pour vérifier si ses propres peintures tiennent le coup en face des chefs d’œuvre du passé.

Le point de rencontre entre passé et avenir est une tâche infinie. Mais le bonheur au théâtre est que cela vise l'infini, et puisse s’inscrire dans l’espace et le temps de la représentation. Et avant tout, dans le corps des acteurs. Dans leur voix et dans leurs gestes : dans leur jeu. La voix, cela implique aussi la diction du vers alexandrin, trésor sans prix, objet d’une expérimentation régulière, et aisée à acquérir.

Les spectacles qui se succèdent vérifient ces principes, ou plutôt ces intuitions : entre la série des Corneille (le choix des « pièces coloniales » de Corneille, qui mettent Rome en question), le Dom Juan et le Tartuffe de Molière (l’imposture et l’hypocrisie morales et sociales), le Britannicus de Racine, le Ruy Blas de Victor Hugo, l’Hedda Gabler d’Ibsen, etc., et des pièces modernes délibérément inscrites dans l’actualité (politique, éthique, sexuelle, esthétique, comme Mme Klein, de Nicholas Wright, Angels in America, de Tony Kushner, La Nuit de l’Iguane, de Tennessee Williams, L’Imposture, d’après Georges Bernanos, Viol, de Danièle Sallenave, Ténèbres, de Henning Mankell, Tendre et cruel de Martin Crimp, etc.), une perspective contrastée se dégage à long terme, qui confronte à chaque moment avec les rapports possibles et impossibles existant entre la sphère du privé, où règne la subjectivité, ses aspects sublimes et ses aspects grotesques, et la sphère publique, ses grandeurs et ses misères.

Elvire Jouvet 40, spectacle présenté en 1986, sur des leçons données par Louis Jouvet à une élève du Conservatoire d’Art Dramatique de Paris, en l’an 1940, sur la seconde scène d’Elvire dans le Dom Juan de Molière, et qui a remporté un réel succès en France et dans sa tournée internationale, a mis au centre la question de l’art de l’acteur, et sa simplicité essentielle.

Enfin un partenariat de la Compagnie Pandora avec le Lycée Claude Monet permet depuis dix ans d’initier des élèves adolescents, futurs spectateurs, et parfois aussi futurs acteurs, à ce même art du théâtre.

Une pertinence musicale se marque aussi par la mise en scène du Don Giovanni de Mozart  et de plusieurs opéras contemporains.

Brigitte Jaques-Wajeman et François Regnault ont dirigé le Théâtre d’Aubervilliers, devenu le Théâtre de la Commune/ Pandora,  de 1991 à 1997.

 

 
 

Formée dans les classes d’Antoine Vitez, elle travaille en tant que comédienne dans plusieurs de ses spectacles de 1969 à 1974. En 1974, dans le cadre du Festival d'Automne, elle réalise sa première mise en scène en créant, pour la première fois en France, la version intégrale de L'Éveil du printemps, de Frank Wedekind, dans une nouvelle traduction de François Regnault.

En 1976, elle fonde, avec François Regnault, la Compagnie Pandora, qui devient le Théâtre de la Commune-Pandora au Centre dramatique national d'Aubervilliers lors de sa nomination à la direction en 1991 jusqu’en 1997.

Puisant dans les répertoires classiques et modernes, elle a mis en scène plus d’une trentaine de pièces présentées lors de festivals et dans de nombreux théâtres, en France et à l’étranger (Comédie-Française, Chaillot, Odéon, Athénée, Théâtre de la Ville, …). Ayant le souci de la langue et, particulièrement, de la langue versifiée, Brigitte Jaques-Wajeman s’emploie à révéler la dimension charnelle, sensuelle, des mots. Pierre Corneille étant son auteur de prédilection, elle monte neuf de ses textes.

DIRECTION

Brigitte Jaques-Wajeman

CONSEILLER ARTISTIQUE

François Regnault

ADMINISTRATION

Dorothée CABROL - compagniepandora@free.fr

DIFFUSION

Emmanuelle DANDREL - e.dandrel@aliceadsl.fr