Polyeucte


« Les  martyrs  furent  un  grand  malheur  dans  l’Histoire : ils séduisirent. » Nietzsche, L’Antéchrist

 

Après les créations des pièces du « Théâtre colonial »  de  Corneille    dont  l’actualité  et   la  pertinence  politique  nous  avaient  éclairés,  voici  un  chef  d’œuvre  qu’il  m’a  paru  urgent  de   monter.

Avec Polyeucte, Corneille met en scène un jeune converti  chrétien  dont  l’ardeur   iconoclaste et le désir de mort peuvent éclairer ici et maintenant notre plus proche actualité. En   effet,   la   pièce   nous   conte   l’histoire   d’un   jeune   homme   charmant   qui,   à   peine   baptisé,   cherche  le  martyre  et  décide  de  s’attaquer, au nom du Dieu unique qui lui a été révélé, aux statues  des  dieux  romains  qu’il  considère  comme  des  idoles  païennes  qu’il  faut  détruire.

La destruction des bouddhas de Bâmyan en Afghanistan, celle plus récente des statues antiques du musée de Mossoul en Irak, enfin, la destruction journalière des temples de la cité antique de Palmyre en Syrie, offre une analogie frappante, avec les actes de Polyeucte  qui  veut  faire  triompher  son  Dieu  et  éradiquer  toutes  traces  d’autres  croyances :

« Allons briser ces dieux de pierre ou de métal,

Faisons  triompher  Dieu,  qu’il  dispose  du  reste. »


Les déclarations des Talibans qui tendaient à justifier leurs destructions, semblent tout droit sorties de la pièce de Corneille:
« Ces statues ont été utilisées auparavant comme des idoles et des divinités par les incroyants  qui  leur  rendaient  un  culte....  Seul  Dieu,  le  tout  puissant,  doit  être  vénéré  et  toutes   les fausses divinités doivent être annihilées. »
Au regard de ces événements tragiques, la pièce de Corneille prend une actualité exceptionnelle.

Mais surtout Polyeucte se voue à la mort avec une allégresse inquiétante. Prêt à sacrifier  tous    sentiments  d’amour  et  d’humanité,    il  fait    songer  à  ces  jeunes  gens  aveuglés   de certitude, qui abandonnent tout derrière eux, et   s’engagent   dans   des   aventures   criminelles   au   nom   d’une   cause,   qui   croient-ils,   leur   demande   ce   sacrifice.   Désir   d’excès,   désir de mort où ils se découvrent à eux-mêmes  capables  d’actes  effrayants.  Désir  d’excès   qui  aliène  beaucoup  plus  qu’il  ne  libère.

La splendide tragédie de Corneille met en scène une lutte sans merci entre le désir amoureux   et   le   désir   du   martyre,   entre   le   goût   de   la   vie   et   l’attraction   de   la   mort.   Elle   nous   aide  aujourd’hui,  à  mieux  saisir  la  dimension  d’intolérance  et  de  destruction de la passion religieuse, quelles que soient les croyances.

Corneille,  dans  Polyeucte,  s’approche  d’un  gouffre.

Mise en scène : Brigitte Jaques-Wajeman

Conseillers artistiques : François Regnault & Clément Camar-Mercier

Scénographie et Costumes : Emmanuel Peduzzi

Accessoires : Franck Lagaroje

Lumières : Nicolas Faucheux

Maquillages et coiffures : Catherine Saint-Sever

Avec 7 comédiens :

Clément Bresson - Polyeucte

Marc Siemiatycki - Félix

Pascal Bekkar - Néarque 

Aurore Paris - Pauline

Pauline Bolcatto - Stratonice

Timothée Lepeltier - Albin / Fabian

Bertrand Suarez-Pazos - Sévère

Polyeucte sur les ondes :

Vous pouvez réécouter un interview de Brigitte Jaques-Wajeman par Joëlle Gayot sur France Culture.

Laurent Goumarre sur France Inter a invité Brigitte Jaques-Wajeman, vous pouvez réentendre cette émission

 

du
4 Février 2016
au
20 Février 2016
Théâtre de la Ville
du
1er Mars 2016
au
1er Mars 2016
Théâtre des 13 Arches à Brive
du
14 Mars 2016
au
14 Mars 2016
Scène nationale 61 à Mortagne au Perche
du
18 Mars 2016
au
18 Mars 2016
Théâtre de Fontainebleau
du
10 Mars 2018
au
10 Mars 2018
Théâtre de Saint-Michel-sur-Orge
du
29 Mars 2018
au
29 Mars 2018
Centre d'Art et de Culture de Meudon

Le Voyage de Benjamin

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Voici  l’histoire de Benjamin, garçon pleins de rêves et d'espoirs mais un petit peu peureux, qui décida de prendre les chemins de l'aventure et de la liberté, et de quitter Boulba, son misérable « shtetl », perdu au milieu de l'ancienne Russie, pour atteindre le fameux Pays du Monde Meilleur dont parlent les livres.

Ayant vaincu sa peur, un matin il se lance sur les routes du monde, avec Senderl, son ami très gentil et pas contrariant. Ensemble ils feront mille découvertes, des villes gigantesques et la mer immense, ils connaîtront mille aventures, affrontant dans la nuit un lion très sauvage ou s'échappant d’une affreuse usine où on les avait enfermés, ils feront mille rencontres, d’un homme méchant à tête de cochon, de Mister Mystery, inquiétant hypnotiseur, ou de Christophe Colombo, un célèbre explorateur qui a perdu son chemin.

À   la   poursuite   de   leurs   rêves, les   personnages   vivront   des aventures tragi-comiques où il ne faudra pas s'étonner de croiser des créatures  fantastiques et où il faudra croire que sortir de son village  pour  rêver  d'un  ailleurs  est  un  acte de courage, un grand risque pour sa vie. Ce qu'on aime c'est l'espoir de ces personnages qui rêvent de voler alors qu'ils n'ont pas d'ailes mais qui marchent, croyant voler  comme  des  personnages de Chagall.

C'est une histoire ancienne du théâtre yiddish russe, mais au-delà de son inspiration spécifique, elle concerne tous les peuples, qui sont forcés aujourd'hui de quitter leur terre et qui errent à l'aventure. Ils deviennent des étrangers ! Le théâtre yiddish est un théâtre haut en couleur, festif et mélancolique, entre drame et ironie, satire  et  dérision. Le malheur y est transcendé dans la gaieté, la joie et la musique.

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avec Emilie Cazenave, Timothée Lepeltier, Aurélien Pawloff et Robin Antunes le violoniste

Mise en scène : Brigitte Jaques-Wajeman

Assistante mise en scène et chorégraphe : Sophie Mayer
Costumes : Pascale Robin
Décor : Laurianne Scimemi
Construction décor et objets de scène : Franck Lagaroje
Lumière : Nicolas Faucheux
Musique : Marc-Olivier Dupin
Habillage sonore : Simon Becquet
Maquillage et coiffure : Catherine Saint-Sever